Johannes LANDIS, « Physique et pragmatique du drame : la pièce bien                 défaite », in Loxias n°14, CTEL, université de Nice, mise en ligne le 15 septembre 2006, disponible sur http://www.revel.unice.fr/loxias, 10 p.

 

Le théâtre de boulevard est souvent identifié comme un sous-genre de la comédie, fondé sur le modèle dramaturgique de la « pièce bien faite », qu’on a érigée en physique du drame : une force est lancée jusqu’à épuisement contre divers obstacles. Cependant, le boulevard possède aussi un versant sérieux, dont l’ambition est d’agir avec force sur le public, en lui proposant des intrigues cruelles. Le récit est l’une des armes de cette entreprise avant tout pragmatique. Or, l’utilisation de séquences narratives conduit à une altération profonde de la pièce bien faite, de sorte que les formes dramatiques hybrides qui en découlent pourraient être désignées par l’expression de « pièce bien défaite ». Trois exemples illustrent cette tendance : le drame concentré, le drame romanisé et le drame décomposé.