Johannes LANDIS, « Perturbations énonciatives et mise en crise du personnage dans Oh les beau jours de Samuel Beckett ». Colloque Genres littéraires et pratiques énonciatives, LASLAR, Université de Caen – Basse Normandie, 22 janvier 2010. Responsable : Laure Himy-Piéri. Paru in Questions de style n°6, Université de Caen-Basse Normandie

 

Oh les beaux jours présente de nombreuses perturbations énonciatives. Désireuse de maintenir à tout prix un dialogue avec son compagnon Willie, Winnie n’y parvient pas. L’utilisation répétée de la fonction phatique n’empêche pas sa parole de se réduire à un monologue qui multiplie les adresses interne et externe. L’incertitude du repérage et les injonctions de Winnie à elle-même la font dériver vers le soliloque. Cet isolement n’est pas rompu par l’enlisement thématique dont témoigne l’organisation textuelle, qui offre un terrain favorable à la dissolution de tout référent stable. Sans cesse interrompu, gorgé d’éléments exogènes, le discours des locuteurs de la pièce est le signe même de leur éclatement. Ce phénomène s’inscrit dans une crise du drame qui est aussi une crise de la notion de personnage, ce dernier s’évanouissant pour laisser place à une simple « figure ».